Un soir aux Sables d’Olonne, un marin sort ivre d’un bar, marche vers la jetée et tombe à la mer. Il meurt noyé, sans faire la différence probablement entre cette mort et un coma éthylique. Le lendemain, une jeune femme qui perçoit régulièrement des messages de « l’autre monde » entre en contact avec ce marin qu’elle ne connaissait pas. Il erre sans comprendre ce qui lui arrive. Elle doit lui expliquer qu’il est mort, que c’est normal que personne ne lui répond quand il parle… Vous pensez que c’est une fable ? J’ai une entière confiance en l’amie qui a vécu cela et qui me l’a raconté. Il s’est bien passé quelque chose…

Il y a quelques années en Belgique, je visitais un château et je me suis trouvé brutalement mal. C’était comme une grippe fulgurante avec des courbatures douloureuses. Je me traînais de siège en siège à distance du groupe qui écoutait le guide. Je pensais sérieusement faire appeler les urgences au moment de sortir ; quand mon regard fut attiré par un tableau sur lequel un homme qui va être exécuté hurlait. C’était insoutenable et j’ai mobilisé mes dernières énergies pour sortir. Tout de suite j’allais mieux, et en m’éloignant du château tout a disparu. J’avais beau être ouvert aux phénomènes irrationnels, cette expérience m’a profondément marqué.

Il y a sûrement des milliers d’histoires comme cela, que les matérialistes évitent de voir et font passer comme des hallucinations, et que les spiritualistes qui croient en une âme distincte du corps capable de réincarner trouvent d’une banale évidence. Je ne me reconnais ni dans l’un ni dans l’autre.

Comme tous celles et ceux qui ont vécu des expériences de la sorte, je sais qu’il se passe quelque chose qui dépasse ce que la science nous dit de l’être humain, et que ce quelque chose était bien réel au moment où cela s’est passé.

Mon esprit scientifique me dit que tout phénomène a une explication du comment, seules les causes cachées derrière les pourquoi peuvent être des mystères à jamais insondables. Il y a donc une partie de l’être humain qui peut, au moins dans certains cas, survire à la mort et avoir des comportements. Et cela semble bien être une partie de ce qui compose notre psychisme.

Mystérieux psychisme que les neurosciences explorent sous tous les angles, décrivant de plus en plus précisément comment des phénomènes tels la conscience, l’enthousiasme, la peur, se manifestent dans les neurones. Intéressant, mais on peut démonter la totalité d’une marionnette, cela expliquera ses mouvements répondant aux règles précises de la mécanique, mais ne renseignera jamais sur le marionnettiste qui initie ses mouvements. De même, les émotions sont décrites dans toutes leurs manifestations, mais leur genèse reste une énigme.

On ne peut comprendre le psychisme en occultant la réalité du cerveau, rien ne peut se faire sans lui. Mais on ne peut le comprendre sans admettre quelque chose d’immatériel qui sous-tend ce qui se passe dans le cerveau. Et il faut bien reconnaître que la science actuelle, experte en mécanique cérébrale (en marionnette !), est bien démunie pour comprendre la réalité psychique humaine.

Face au processus qui conduit à la maladie ou à la guérison, beaucoup ont le sentiment qu’il y a un lien avec ce qui se passe dans notre tête. Un sondage récent constatait qu’une majorité de la population française croit au lien entre psychisme et cancer. Je me souviens de ce professeur interrogé à ce sujet, catastrophé, qui disait qu’il fallait prévoir une campagne d’information pour sortir cette fausse croyance de la tête des gens. Dans cette inquisition des consciences, mon amie des Sables d’Olonne risque de se retrouver à l’asile et moi aussi peut-être !

Pourquoi se masquer des choses que nous ne pouvons expliquer, dès lors que nous les observons ? En matière de relation psychosomatique, c’est en cessant de refuser de croire que quelque chose d’important existe qu’on avancera. Et c’est en cessant de nier l’évidence que l’espace se réduira pour les théories dangereuses du new age.

Ces sujets méritent la plus grande attention et le plus grand respect des expériences vécues. Plus on les niera, plus les thèses extrémistes se développeront !