Des plantes reminéralisantes 
La tradition herboriste connaît les vertus reminéralisantes de la prêle et de l'ortie. La caractéristique de ces deux plantes est de puiser le silicium du sol et de l'incorporer dans leurs structures. Mais on trouve aussi cet élément sous une forme soluble (l'acide orthosilicique) dans les végétaux alimentaires et dans l'eau de source, en petite quantité, faiblement assimilée (de l'ordre de 5%), mais suffisante pour répondre à nos besoins. Il n'a jamais été décrit de carence en silicium avec des signes spécifiques, c'est la raison pour laquelle cet élément n'a jamais intéressé la médecine. 
Cependant, une observation attentive révèle que le silicium alimentaire disponible a diminué avec l'évolution de notre mode de vie. On observe aussi que son assimilation diminue avec l'âge. Cette raréfaction associée au vieillissement de la population participe-t-elle au développement des problèmes de santé qui s'accumulent dans la population âgée ? Ce n'est qu'une hypothèse, confortée par les effets bénéfiques de la complémentation en silicium, particulièrement après la cinquantaine. 

Silicium minéral et organique
Le silicium que l'on trouve dans les plantes et l'alimentation dérive de la silice, il s'agit donc de composés minéraux et oxydés. Les silanols découverts par Norbert Duffaut en 1957 sont d'une tout autre nature. Le silicium, associé au carbone par une liaison covalente, est alors inclus dans une molécule organique, sous forme réduite (non oxydée), douée d'une forte solubilité et d'une grande réactivité. Depuis le DNR proposé par Duffaut, la molécule active de silicium organique n'a pas changé : il s'agit du Monométhyl Silane Triol. Seules les méthodes de stabilisation ont évolué pour donner de nouvelles générations de produits.
Dès les années 1960, les premiers essais d'administration chez l'homme ont montré des résultats étonnants. Il est apparu rapidement que ce silicium fortement assimilable favorise la croissance et la régénération du tissu conjonctif, avec des effets visibles sur les vaisseaux, les articulations, les os, la peau. Des effets qui n'étaient pas observés à un tel niveau avec les plantes riches en silice comme la prêle. La découverte n'a cependant pas été reconnue, et son usage est resté longtemps confidentiel. 

Histoires d'hommes 
L'histoire très française du silicium organique commence avec Duffaut, le découvreur, puis Rager et Janet, les expérimentateurs. Elle s'est poursuivie avec Loïc Le Ribault et Ivan Coste, qui ont mis au point, après la mort de Duffaut, une forme buvable qu'ils ont appelée G5. 
La "saga du silicium" est une histoire d'amitiés et de conflits personnels, de batailles pour la reconnaissance, la notoriété, sur un fond de profits commerciaux. Tous les ingrédients qui brouillent la réalité de ce qui s'est passé, et défavorisent une connaissance objective de la vraie nature des produits élaborés.

Des fables pour cacher une vérité qui dérange ?
Pendant longtemps, certains diffuseurs de silanols ont affirmé que leur Monométhyl Silane Triol était extrait directement du sable fermenté par des bactéries, ou de la sève d'ortie. Cela est technologiquement impossible ! Ces fables qui ont imprégné les croyances ont eu plusieurs objectifs : se démarquer du produit de Duffaut, entretenir l'illusion que le silicium organique pouvait être d'origine naturelle, et contourner la législation qui n'autorisait pas la consommation orale des silanols de synthèse en France jusqu'en 2007. 
Il est difficile de savoir si le Monométhyl Silane Triol existe réellement dans la nature. Aucune preuve formelle ne l'atteste. C'est cependant fort probable, mais dans ce cas, il est trop instable pour que l'on puisse l'extraire. Ce qui veut dire que toutes les préparations qui en contiennent sont approvisionnées par l'industrie chimique qui le fabrique. Et il n'y a aucun problème à cela ! Pourquoi une création humaine qui reproduit quelque chose qui existe très probablement dans la nature ne pourrait-elle pas être totalement bénéfique pour un organisme ?

Des effets non reconnus
La popularité du silicium organique s'est répandue avec les témoignages des utilisateurs, parfois étonnants, décrivant des améliorations spectaculaires au niveau des articulations, des os, de la peau, et son association à la guérison de diverses maladies.
Pour la science, un témoignage n'a aucune valeur, car de nombreux facteurs non pris en compte faussent l'interprétation, ce qui est vrai. Mais il serait particulièrement malhonnête aujourd'hui de refuser de voir qu'il s'est passé quelque chose de significatif chez de nombreuses personnes ayant pris du silicium organique.
L'EFSA (agence européenne de sécurité sanitaire) a interdit de manière formelle la diffusion des formes buvables depuis janvier 2010, en se justifiant par l'absence d'études prouvant l'efficacité des silanols par voie générale. Tout simplement parce qu'aucune n'a été effectuée ! Et comme le brevet de Duffaut est public depuis longtemps, personne ne se risquera à financer de telles recherches pour un produit qui ne permet aucune exclusivité. Et dans le système d'évaluation actuel des produits de santé, l'absence de preuve est interprétée comme une absence d'effet ! La voie est donc sans issue.
  
La confiance en l'expérience comme seul fondement
En l'absence de connaissance sur les modes d'action physiologiques et en l'absence d'études objectivant les effets observés du silicium organique, c'est sur la confiance sans cesse confirmée par les témoignages et l'expérience de praticiens que repose le succès de ce produit.
Pour comprendre son action, qui ne se manifeste pas sur tout le monde et qui peut résoudre de nombreux problèmes à la fois, il faut envisager un mode d'action nutritif. Tout le monde n'a pas le même niveau de déficience en silicium, et plus cette déficience est grande, plus l'apport d'une forme fortement assimilable comme le Monométhyl Silane Triol a des effets importants. Et comme il n'existe aucun dosage permettant d'évaluer cette déficience, on ne peut pas prévoir les effets à l'avance.
Dans un esprit pragmatique de santé globale, il n'y aucune raison de se priver de ce produit dans les contextes où il donne habituellement de bons résultats (arthrose, consolidation osseuse, tendinite, ostéoporose, athérosclérose…), d'autant plus qu'aucun effet néfaste n'a été observé après des années d'utilisation par un grand nombre de personnes. La crainte d'effet toxique n'est d'ailleurs pas signalée dans l'avis négatif de l'EFSA.
  
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Pour mieux connaître les différentes facettes de cet élément controversé,
Santé Vivante met en ligne un dossier complet sur le silicium