Une source indispensable de calcium ?
L'argument fondateur de la préconisation du lait en quantité (3 produits par jour) dans l'alimentation santé est son apport exceptionnel en calcium. Une démonstration bien ficelée explique qu'un pic de densité osseuse maximal à 30 ans est la meilleure prévention vis-à-vis de l'ostéoporose qui nous menace en fin d'existence.
Le problème, c'est que le lien entre ce capital acquis sous l'influence du calcium laitier et la santé osseuse des personnes âgées est davantage un postulat qu'un fait prouvé. Les statistiques des pays nordiques, gros consommateurs de produits laitiers, sont particulièrement inquiétantes pour les fractures de la personne âgée : ces pays en détiennent le triste record ! Les habiles jonglages d'interprétations de ces résultats pour leur trouver d'autres causes restent peu convaincants pour un esprit indépendant. On sent bien que les intérêts en jeu conduisent à de petits arrangements avec la raison et l'utilisation de procédés de communication performants dans leurs objectifs.

Une alimentation contre nature ?
Aucun mammifère de consomme naturellement de lait à l'âge adulte et jamais celui d'une autre espèce. Cet argument est souvent l'un des premiers avancés par ceux qui ne veulent plus de produits laitiers dans l'alimentation. Effectivement, c'est vrai ! Mais vous connaissez un animal qui fermente le raisin pour faire du vin, ou cuisine ses céréales pour les rendre plus digestes ?
Il y a bien une spécificité humaine dans l'alimentation, et si elle est reconnue dans certains domaines, pourquoi ne permettrait-elle pas aussi d'adopter les laits animaux dans sa diversité alimentaire ?

Plus fort que la raison, l'émotion
Pour beaucoup de consommateurs de produits laitiers, il y a quelque chose d'affectif qui attache à ces aliments sans équivalent dans leur onctuosité ou leur tendre rappel des goûts d'enfance. S'en priver, ce serait se couper d'une partie de soi. Perdre un peu son identité !
Chez les "anti-lait", on trouve aussi une forte identification. Une étudiante en sociologie a interrogé des personnes qui ont fait le choix de bannir le lait de leur alimentation. Pour certaines, aucun bénéfice n'avait été constaté sur leur santé, mais pour rien au monde elles ne feraient marche arrière ! Cesser de consommer du lait, c'est appartenir à une communauté rebelle à la dictature scientifico-économique qui veut l'imposer, et cela devient un élément fort d'identité.
Ces exemples sont bien sûr extrêmes. Ils montrent les deux polarités du débat, dans lequel, le plus souvent, on oppose des militants dont les visions sont rétrécies par un engagement affectif.

Le lien avec certaines maladies
Les produits laitiers sont-ils en cause dans la recrudescence du cancer de la prostate, du diabète insulino-dépendant, de la sclérose en plaque, des otites à répétition de l'enfant, de l'autisme et de l'hyperactivité, des maladies auto-immunes… ?
Ce débat est une confrontation sans fin de publications significatives pour certains et de niveau de preuve insuffisante pour d'autres. Débat finalement stérile, car chacun a tendance à mettre le niveau de preuve valide là où ça l'arrange ! Au final, chacun reste sur ses positions et pour le public, l'avantage revient à celui qui a le plus séduit, qui parle le plus fort, ou qui jouit d'une aura sociale plus grande.
Pour se faire une idée, il faut d'abord sortir de tout préjugé et prendre le temps de considérer les faits avec discernement. Faire la part de militantisme partisan pour une cause ou l'autre de celui qui les expose donne la vraie valeur des arguments avancés. Un exercice de souveraineté individuelle !

L'expérience que chacun peut faire
Pour se rendre compte vraiment, au moins sur les effets à court terme, des effets des produits laitiers sur notre santé, il suffit de s'en priver complètement pendant plusieurs semaines, d'observer ce qui se passe, et de les reprendre en grande quantité. Les effets étant différents selon chacun, cette expérience personnelle est la seule démarche vraiment fiable.
Avec cependant une limite, d'éventuels effets sournois à long terme ne peuvent se révéler ainsi, et s'ils se révèlent un jour, il sera trop tard ! D'où l'intérêt, en plus de l'expérience personnelle, de considérer les diverses informations issues de recherches scientifiques indépendantes.

Une attitude de bon sens
Après une recherche la plus large possible dont le compte rendu est accessible par lien en bas de page, j'en suis arrivé au fait que trois produits laitiers par jour, comme le préconise le PNNS, c'est trop, et la balance avantages/inconvénients pour la santé semble même défavorable ! En revanche, il n'y a pas de raison de se priver des produits laitiers, dès lors qu'il n'y a pas d'intolérance individuelle constatée ou de lien établi avec une maladie en cours. Et ceci, en respectant au mieux les critères suivants : 
– 1 produit par jour maximum, selon son propre plaisir.
– Prioritairement de culture biologique. 
– Plutôt brebis ou chèvre que de vache. 
– Préférentiellement du fromage blanc de qualité, type faisselle, ou des fromages à pâte dure, et en dernier le lait natif.

– Le beurre et la crème fraîche, en quantité modérée.

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